Impossible de faire l'impasse sur des conférences bien pensées pour apporter un outil pédagogique de qualité et faire le lien entre les adhérents et les professionnels du monde de la musique !

      Habituée à travailler notamment avec Monique DAUTEMER, musicologue bien connue dans le Toulonnais, Résonances a décidé 
d'initier un cycle de conférences annuel, mêlant intervenants extérieurs et membres de l'association.

Respectant encore une fois l'adage "Convivialité et exigence", les conférences sont suivies d'un apéritif et d'un temps d'échange informel.

    Gratuites pour les adhérents et à faibles coûts pour les publics extérieurs (5 euros), ces conférences seront également captées (son et/ou vidéo) pour permettre à l'ensemble des adhérents d'en profiter tout au long de l'année.

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Avec Monique Dautemer, le jeudi 2 décembre 2021, nous avons pu restituer la création du Stabat Mater de Caldara dans son contexte historique.

Les points relatifs à la vie de Caldara seront présentés dans le clin d'œil du mardi, consacré aux compositeurs du programme (jusqu'à la rentrée de janvier).

Lorsque Caldara compose cette œuvre, il est l'employé de Charles VI, Empereur du Saint Empire Romain-Germanique. Ce dernier cherche à défendre la prévalence du catholicisme sur ses terres qui s'étendent des Pays-Bas à l'Espagne en passant par les Flandres, Milan, Naples etc.

Être l'un des musiciens attitrés d'un tel souverain était donc un insigne honneur et soulignait la qualité musicale de Caldara. 

À noter : les deux hommes se sont toutefois rencontrés avant que Charles VI n'accède au trône. La scène se passa à Rome en 1708/09 lorsque Caldara fréquentait les salons du Cardinal Ottoboni, qui réussissait à programmer des opéras privés dans une ville où leur représentation publique était formellement interdite. La collusion entre représentants de l'autorité sacrée et monde du spectacle éclaire d'un jour particulier les productions telles que le Stabat Mater : si elles sont empreintes d'un grand respect pour la transcendance et le sens des scènes évoquées, le contexte qui les entoure, lui, est traversé d'enjeux plus bigarrés qui ne sont pas pour rien dans l'intense palette d'émotions que Caldara exprime dans cette pièce. Le XVIIIe de cour est un siècle qui n'a pas encore totalement choisi le camp de la raison et mêle allègrement ressentis humains, symbolisme et divin.

 

À noter bis :

Lorsqu'il rencontre Caldara, le futur empereur, comme les autres princes de l'époque, avait déjà reçu une solide formation musicale, jouait du clavecin et avait même composé plusieurs pièces. Il se devait en réalité d'être aussi compétent que les personnes qu'il employait, ce qui sous-entend un type de rapports que nous avons du mal à imaginer aujourd'hui, où la spécialisation des savoirs empêche qu'un dirigeant puisse avoir des savoirs et compétences solides dans ces domaines.

Au temps de Caldara, l'artiste savait donc que son commanditaire avait les clés de lecture et il est fort possible que cela est aiguillé la recherche créative.